Protéines régulées par la gibbérelline et allergie croisée pollen/aliment

Pascal Poncet

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Partie 1
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Partie 2

Le pollen de cyprès, sous différentes espèces, est responsable de pollinose là où il est fortement implanté, par exemple autour du bassin méditerranéen, aux Etats-Unis et au Japon. Quatre groupes d’allergènes sont présents dans la liste des allergènes agréée par la WHO/IUIS. Groupe 1 : pectate lyase, groupe 2 : polygalacturonase, groupe 3 : protéine thaumatine-like et groupe 4 : protéine fixant le calcium. Une vingtaine d’autres allergènes a été décrit ponctuellement et parmi eux un allergène sensibilisant 37% des patients allergiques au pollen de cyprès dans le sud de la France a été mieux étudié, BP14. C’est une protéine cationique de 14kDa présente à plus ou moins forte concentration dans les pollen des différentes espèces de Cupressacées. Elle appartient à la famille des protéines régulées par la gibbérelline (snakin/GRP) comme l’allergène contenu dans la pêche, la péamacléine (Pru p 7) ou dans d’autres fruits. Ces protéines se trouvent dans toutes les plantes et sont impliquées dans de nombreuses voies métaboliques, en particulier en réponse à un stress biotique ou abiotique. Une réactivité croisée IgE entre BP14 et Pru p7 a été démontrée et explique par conséquent le syndrome cyprès/pêche décrit au niveau clinique en 2006. Comme Pru p 7, BP14 induit la dégranulation de basophiles de patients allergiques souffrant du syndrome cyprès/pêche. Par conséquent les GRP représentent une nouvelle famille d’allergène impliquée dans les syndromes associés pollen/aliments qui mériterait d’être recherchée en cas d’absence de candidat allergène croisant.